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     Association Sorézienne
    Chez Patrick CHABIN
    622 Rue de la Mairie

    10130 AUXON
    FRANCE

    Histoires - Cliquez sur le titre.

    Révisions du bac 61

    La malédiction du Château des Laurens-Castelet :
    Quelques semaines avant le premier bac de juin 61, Jean-Louis BROSSETTE (57-62) avec qui j'étais très ami, a demandé à ses correspondants, les Lamothe-Saint-Pierre, si je pouvais venir réviser le bac avec lui et s'ils pouvaient m'héberger.

    Pour une raison qui m'échappe à présent, c'est finalement chez les Laurens-Castelet, leurs cousins, à Puginier, que nous nous sommes retrouvés, reçus comme des princes... Je garde un souvenir ému de cette période, uniquement troublée par la "dead line" de l'examen qui se rapprochait jour après jour.

    Pour bien comprendre la suite, il faut savoir que le château où nous étions reçus avait été incendié 17 ans plus tôt par des éléments de la Division SS qui, je crois, devait s'illustrer un peu plus tard à Oradour...

    Or les Laurens-Castelet avaient hébergé ,"nolens volens", durant quelques jours ces éléments, du moins leurs officiers qui, en remerciement, n'avaient pas hésité à mettre le feu au château au moment de leur départ...

    Le château venait d'être entièrement reconstruit à l'exception de quelques communs qui avaient échappé à ce sort fâcheux.

    Dominique de Laurens-Castelet, notre actuel Vice -Président, après nous avoir montré un superbe Mauser, oublié par les Allemands, accompagné des munitions ad-hoc, a cru bon de nous révéler l'existence, dans une cave reculée de ces communs, d'un stock de munitions oubliées et notamment tout un assortiment, rangé en boîtes de 10 ou 12, de fusées d'alarmes, allant du "marron-d'air" (un truc à vous péter les tympans lorsque ça explosait) au fumigène dégageant d'épais nuages compacts de couleur violette en passant par les classiques fusées sifflantes ou éclairantes, avec ou sans parachute...Il y avait des dizaines de ces boîtes....LE REVE !

    Dans un premier temps, alors que nous ne passions que le week-end au château, nous avons "exporté" subrepticement quelques-uns de ces engins vers l'Ecole où ils firent sensation :
    Imaginez l'effet rendu, durant l'étude du matin, par un de ces "marrons-d'air" que nous parvînmes, non sans mal, à faire exploser dans la cour des Rouges, ébranlant l'athmosphère jusqu'à Bernicaut et affolant la population du village, gendarmerie comprise (il faut dire qu'à l'époque on était en plein dans la psychose des attentats de l'OAS débutants).

    Imaginez l'effet d'un fumigène violet, bien compact, balancé dans une chambre du dortoir de 6m2 dans lequel se trouvaient entassés 7 ou 8 gus (sic) en train de bavasser...ça a dégagé sec : chrono en main, pas plus de 5 secondes pour nettoyer les lieux...

    Et puis nous nous sommes retrouvés, à 2 semaines du bac, à plein temps au château... c'est à dire SEULS une bonne partie de la journée.

    En fait de révisions du bac, nous passions notre temps, Jean-Louis et moi, à "tirer des plans sur la comète" à la recherche des effets pyrotechniques les plus spectaculaires et je ne sais pas comment nous ne nous sommes pas fait "péter un truc à la gueule", jugez plutôt :

    Une fois tout le monde parti, l'après-midi, nous attaquions à la scie-à-métaux (sic) les cartouches des "marrons-d'air" pour dégager la partie la plus explosive, ou bien nous allions dans les bois, fusils (car il y avait aussi une carabine) en mains, faisions des "bouquets" de divers types de fusées et, après un bon recul, tirions au Mauser dans le cul des fusées...je ne vous raconte pas le foin !

    Il faut reconnaître que les Laurens-Castelet, notamment le père de Dominique, se montraient d'une indulgence à toute épreuve. J'ai bien cru que ça allait se gâter le jour où, devant partir en train pour Paris avec Jean-Louis, je me suis fait "choper" sortant de "la cave" avec une valise pleine de ces bidules. Mais c'est tout juste s'il a froncé les sourcils d'un air légèrement désapprobateur, mais me laissant emporter la valise.

    C'est ainsi que j'ai fait le voyage en train jusqu'à Paris avec une valise remplie d'explosifs à une époque où la chasse aux "plastiqueurs" était lancée...Tout ça pour aller "taquiner" les pêcheurs sur le Loing, avec Jean-Louis chez qui je continuais des vacances "explosives".

    Mais il est temps d'aller à la fin de l'histoire :

    Quelque peu inquiet de la tournure qu'avaient prise les choses, et vu les rumeurs qui couraient dans les alentours sur les châteaux du Sud-Ouest, dans lesquels étaient censés s'entrainer des membres de l'OAS, le père de Dominique décida de mettre un terme à tout cela avant que nous puissions remettre les pieds chez lui; il est vrai qu'il y avait à plus ou moins long terme la perspective menaçante des révisions du deuxième bac...

    Le Mauser fut donc cassé en deux et les boîtes de fusées furent un beau matin empilées dans une enceinte destinée aux déchets du côté des communs, dans l'attente d'être enterrées ailleurs plus tard.

    Ce travail de nettoyage de "la cave" achevé, et alors qu'ils prenaient leur déjeuner, retentirent soudain les premières explosions, les premiers sifflements, l'envahissement de l'athmosphère par une épaisse fumée violette striée d'éclairs lumineux.

    Que s'était-il passé ?

    Une des personnes habitant les communs avait curé sa cuisinière à bois et n'avait rien trouvé de mieux que de verser un seau de cendres chaudes contenant des braises sur le tas de déchets et notamment les fameuses boîtes...

    La lutte, nous a-t-on dit à la rentrée, a duré plus d'une heure, chacun courant, qui armé d'un seau, d'une pelle ou d'un extincteur, jusque sur les toits du château, pour neutraliser ces infernales fusées qui semblaient vouloir parachever le boulot commencé 17 ans plus tôt.

    Mais finalement le château est resté intact et les Laurens-Castelet ne nous en ont pas trop voulu, car effectivement, Jean-Louis et moi, avons eu le droit de revenir en 2ème année pour les révisions du deuxième bac...
    Mais il faut reconnaître que ça a été beaucoup moins drôle... on a été sages comme des images, enfin, je crois... mais je ne sais plus très bien finalement...il faudra demander à Dominique de Laurens-Castelet, il doit s'en souvenir, lui...

    J.F. BELLON


    Le sonneur de cloche.

    Pour les Bleus et les Rouges présents à l'Ecole en 1960. Par Jean-Marie Bellon.
    Octobre 1959 : Elève de troisième, j'obtiens ma première charge dans l'Ecole : sonneur de cloche, régulateur des horaires de cours et des articulations journalières (récréations, débuts et fins d'études surveillées, repas).

    Heureusement dispensé de sonner « La Diane » et l'extinction des feux, je porte dorénavant la montre de « fonction » me conférant la jouissance de quitter les cours et l'étude cinq minutes avant les autres pour aller tirer la corde pendante entre le réfectoire des Bleus et des Rouges. La vie du collège et de l'abbaye sera rythmée de cette façon selon mon bon vouloir...

    Dans ce microcosme quadrillé, je deviens le maître du temps assujetti cependant au bon fonctionnement de la petite mécanique dont je dois vérifier régulièrement l'asthénie du remontoir et la position des aiguilles. Tout va bien ! Et pour le mieux, j'arrive bientôt à sonner sur un mode plus coulé sans à-coup, finissant decrescendo. On dirait du Ketelbey « Dans le Jardin d'un Monastère » !

    Le mercredi 11 mai 1960 - 15 heures 55. Je quitte le cours de maths; monsieur Arnaud, de son mètre cinquante cinq, me toise fort étonné, regarde sa montre, je vérifie la mienne, nous comparons nos heures... La mienne est « officielle » ! Je sors pour envoyer ma volée de cloche. Les cours de l'après-midi étant ainsi suspendus, monsieur Laplanche, surveillant principal de notre division, sur injonction du père Poudat (censeur), nous fait mettre en rangs à coups de sifflet sous le préau.

    A cet instant, le Révérend Père Prieur Montserret (alias le TREPPS ) apparaît, fond sur moi, sourcils froncés : « Vous le saviez ! Vous l'avez fait exprès ! » Tombant des nues, je balbutie : « ... Pas du tout... Mon Père ! De quoi s'agit-il ? » - « Vous avez sonné la fin des cours un quart d'heure trop tôt ! » et sans me laisser le temps de revérifier la montre, il conclue avec un sourire crispé appuyé d'un soupir : « ... Bon ! Cette méprise va nous permettre d'assister pleinement à la cérémonie du lancement de « FRANCE » !»

    Il donne l'ordre au pion n° 2 de nous conduire à « La Salle des Bustes » où nous retrouvons les « Collets Rouges » et les pères, déjà installés devant le récepteur de télévision à contempler l'arrivée cocardière des ministres, des membres du Gouvernement, le Général en tête, dans la tribune officielle. A 16 heures 15 « pétantes », ce mercredi 11 mai 1960 à Saint-Nazaire, Yvonne de Gaulle lance le magnum de « Cordon Rouge » sur l'étrave du gigantesque paquebot. L'énorme masse commence à glisser vers son élément définitif, entraînant d'impressionnantes grappes de chaînes freinant son élan dans le bassin des chantiers navals.

    Le premier contact de « FRANCE » avec la mer suscite une grande émotion dans l'illustre salle, suivie d'applaudissements spontanés.

    Même Georges Bortoli qui assure le reportage sur la RTF se fait des noeuds dans la gorge... Viennent les « cocoricos » ! Marseillaise et discours ! Finalement le « timing » était au « top »; je ressors blanchi, presque en héros, de la « Salle des Illustres ». Sans trop faire preuve d'initiative, il faut par moment oublier de remettre les pendules à l'heure.

    A la rentrée suivante, mon poste sera supprimé et remplacé par des sonneries électriques à commande centralisée chez le Censeur. Tant pis pour les extravagances.

    Par Jean-Marie Bellon.


    La statue-bis de Louis XVI, sur une partition de Maître Jean-Paul Bossuge :
    Les anciens, vous vous souvenez des cours de Fabre de Massaguel, bien entendu. Vous vous souvenez que ce pauvre Louis XVI avait été condamné à une voix de majorité, ce qui lui valut le destin que l'on sait.
    Depuis la Révolution, on ne peut pas dire qu'il a été réhabilité. Des statues en pied de Louis XVI, vous en connaissez en France, à part la nôtre, dans le parc de l'Ecole ? Pas moi.
    La nôtre a été peinte plusieurs fois par des générations de potaches, mais finalement toujours respectée. Le saviez-vous ? Il en existe au moins une autre. Pas en France, mais aux Etats-Unis, et plus exactement à LOUISVILLE (Kentucky).
    Louisville a été fondée en 1778 par des colons français venus de la Nouvelle Orléans, sur le fleuve Ohio. Le fameux Bourbon du Kentucky est aussi un hommage à Louis XVI. Les américains, ont ainsi voulu montrer leur reconnaissance à l'aide apportée par Louis XVI pour conquérir leur indépendance. Ils se souviennent que le 6 février 1778, Benjamin Franklin est venu signer à Paris le traité d'amitié franco-américain (lequel a constitué pour la France une occasion de revanche sur l'Angleterre). Il faut noter également que ce traité est le plus vieux document reconnaissant les Etats-Unis d'Amérique.
    Et la statue dans tout çà ? Elle a été sculptée par VALOIS en 1827 et figure en bonne place devant l'hôtel de ville. Elle a été offerte en 1967 par François DELMAS, le maire de Montpellier de l'époque, dans le cadre du jumelage des deux cités. Le voyage depuis Montpellier a été épique, car il lui fallut remonter le Mississippi, puis l'Ohio, avant de trouver un repos bien mérité, dans un lieu digne d' elle.


    Quatre ou cinq statues de Louis existent encore en France :

    La première est aux confins des départements de Côte d'Armor et d'Ille et Vilaine, à Bécherel, dans les jardins du château de Caradeuc. Cette statue, commandée en 1826 par la mairie pour être placée dans la niche de l'hôtel de ville avait été achevée après la Révolution de 1830 et reléguée au musée des Beaux-arts de Rennes durant 120 ans. Raymond Cornon, architecte des Monuments historiques, a créé le cadre surmonté de balustres qui met en valeur la taille de la statue royale.
    http://soreze.online.fr/l16becherel.jpg - //images/l16becherel.jpg

    La seconde se trouve à Nantes :
    toutes les explications ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Colonne_Louis-XVI

    La troisième au Loroux-Bottereau (encore en Loire Atlantique), Explications ici :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Le_Loroux-Bottereau_-_Statue_de_Louis_XVI_%281%29.jpg

    La quatrième à Nant dans l'Aveyron, explications ici :
    http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article44

    - et la cinquième, devinez où ?


    A propos de GUIU (années 70) - rapporté par Xavier Montsarrat (75-80) :

    - D'abord, il était censeur, juste après le père Jamin, jusqu'à ce que 5 ans plus tard, Monsieur Bernard ne le remplace (autre personnage important de cette période).
    - Il fumait cigarette sur cigarette, allumant sa gitane sans filtre avec la précédente, ce qui fait qu'il avait la trace de nicotine impressionnante sous la narine.
    - Ce tabac lui donnait une voix éraillée, typique au personnage, il était tout le temps en train de "gueuler" (il n'y a pas d'autre mot), tout en étant profondément gentil et juste.
    - Le matin, après la sonnerie du réveil, on avait droit, d'abord à la toux de grabataire qui devait durer au moins 3 minutes de Monsieur Guiu, ensuite le hééééééêêêêêêèèèè intraduisible par écrit de Monsieur Guiu envers les retardataires, ça ne ratait pas, tous les matins, nous y avions droit.
    - Il avait beaucoup d'autorité naturelle, mais je pense qu'il ne le savait pas ; lorsqu'un élève était convoqué dans son bureau et qu'il se montrait récalcitrant, sa phrase type était : " Je ne suis pas un imbécile, je ne suis pas celui que l'on fait passer derrière les chevaux, j'ai la légion d'honneur, moi, Monsieur "
    - Je me souviens d'un soir, alors que j'étais en première, en étude qui se trouvait alors à côté de l'arsenal dans la cour des rouges, un compatriote (des P.O, comme moi), se nommant pour ne pas le citer : Frederic Helias (un cancre génial en maths), s'était retourné vers moi pour me tirer dessus un bout de papier mâché avec son Bic ; il avait bien visé, sur la paupière. Ne pouvant laisser ce crime impuni, j'ai plié un bout de papier, ai tendu un élastique entre les doigts, et bien sûr, ai tiré. Mais le malheur, c'est que Fred s'y attendant, s'est baissé et c'est Monsieur Guiu qui l'a attrapé en plein dans la joue. Catastrophe, si j'avais pu ramper sous le sol, je l'aurais fait. Toute l'étude était pliée de rire. Je me suis bien sûr dénoncé rapidement pour éviter une rallonge d'étude du soir. Monsieur Guiu a bien réagi, il m'a bien sûr fichu dehors pour éviter que la situation ne dégénère, mais avait compris le burlesque de la situation, et malgré ses hééééééêêêêêêèèèè habituels, ne pouvait cacher le plissement de ses yeux qui me regardaient et qui montraient qu'il riait autant que ses élèves.

    Ce que j'ai fais après aurait pu me valoir très cher, mais j'ai trouvé le ton pour le faire : cinq minutes après avoir été mis à la porte je re-entre, et me dirige d'un pas décidé vers Monsieur Guiu, et lui demande poliment une cigarette ; estomaqué, il me la tend; je sors mais entre à nouveau pour lui demander du feu. Je vous laisse imaginer la suite, avec une étude de 40 élèves.

    Mais curieusement, je n'ai pas été puni.

    J'aimais beaucoup ce personnage, même entres amis, je ne l'ai jamais appelé autrement que Monsieur Guiu, comme si ces deux mots étaient liés ; Je l'ai revu lors de mon premier pèlerinage à Sorèze en 98, en revenant - il nous parlait toujours de la maison, dans un village du côté de Narbonne avec 18 fenêtres, qu'il faisait restaurer à l'époque, j'ai fait un p'tit détour, et y suis passé. Il avait maigri, s'était fait enlever un poumon et un rein, ne fumait plus bien sûr, mais était resté le même


    Le Père Poudat en jeep

    Ce fut dans les années 50 que le Père Poudat, armé d'une Jeep, s'en prit aux installations du théatre, qu'il finit pas détruire. Comment ? Pourquoi ? Etait-ce voulu par les autres Dominicains ? Nous ne le saurons jamais.


    Bataille de pelochons

    Année 1972. Bataille de pelochons dans les dortoirs entre Rouges 1 et Rouges 2.

    Les Rouges 1 (Terminales) sont défaits par les Rouges 2, plus agressifs et coriaces.
    Parmi ces derniers, bon nombre de rugbymen et de judokas !
    La défaite est plutôt dure à digérer pour nous les Terminales, sensés être les plus forts de l'Ecole. Notre orgueil de Sorèziens est touché au plus profond de nous !
    Aussi nous décidons de ne pas en rester là et de prendre une forme de revanche, mais il faut bien l'avouer, pas très loyale.
    Je suis chargé (par qui ?) d'aller récupérer un extincteur et c'est à moi qu'incombe d'assouvir notre vengeance. Je me dirige donc à une heure bien avancée de la nuit dans le dortoir des Premières.
    Je pénètre dans une chambre près des sanitaires et procède allègrement au vidage quasi complet de l'extincteur sur son occupant. Certes une toux puissante et quelques cris affolés auraient dû nous alerter.
    Mais trop contents d'avoir eu notre revanche (peu glorieuse, il faut bien le reconnaitre) nous sommes allés nous coucher gentiment sans nous soucier de l'état de la victime expiatoire.
    Le lendemain son nom était connu, il s'agissait du dénommé Ducournau lequel, je crois, s'est retrouvé à l'état-major l'année suivante, comme quoi la flamme de son ambition n'avait pas été éteinte. Il parait que sa chambre ressemblait à un véritable champ de neige !
    Bien des années après je peux enfin lui dire: "mille excuses cher ancien" ! Frédéric Feldmann (69-72)


    Une autre de l'année 1972

    Dans le dortoir des Rouges donnant sur la rue, il y avait à l'intérieur de la chambre de Yann Nedellec (élégant Breton de Marseille qui partait en randonnée avec des chaussures vernies), sous son lit plus précisément, une trappe d'accès à l'entresol au-dessus des salles de classe des Rouges.
    Ces pièces inoccupées, au plafond assez bas, étaient munies de fenêtres surplombant celles des classes au rez de chaussée. Nous avions pris l'habitude d'y descendre de temps à autre, soit pour discuter peinards, soit pour y stocker des victuailles, dont les fameux jambons et autre charcuterie, pillés dans les cuisines de l'Ecole lors d'un hold-up mémorable.
    Plus tard nous avons trouvé une autre utilité à ces lieux, à savoir s'en servir de point d'appui pour sortir dans la rue de manière plutôt aisée. En effet, au moyen d'une corde à nœuds probablement empruntée au gymnase, il nous suffisait de passer l'anneau de la corde autour d'une volute de la grille des fenêtres pour descendre en un tour de main à l'extérieur de l'Ecole. Bien pratique pour sortir sans être vu. Du coup c'était devenu un jeu d'enfant pour nous.
    Un soir, alors que le pion de service que nous avions affectueusement surnommé « Kiri » pour son côté plutôt jovial, rigolo mais naïf, je suis allé le voir dans son antre en prétextant une question banale, du genre « quel sera le temps demain ? » ou bien « comment va la famille ? », histoire qu'il me voit de plain-pied si on peut dire ! Aussitôt je partais dans la chambre de mon ami Yann dont la trappe était déjà ouverte, me glissais dans l'entresol et en un rien de temps, probablement moins de 3 minutes, je me retrouvais dans la rue où je faisais un coucou amical sous sa fenêtre au dénommé Kiri, complètement ébahi par cette téléportation de fortune, et dès qu'il était reparti de son perchoir, je remontais aussi discrètement que possible. J'ai reproduit ce subterfuge à plusieurs reprises histoire de le plonger dans le doute le plus complet. Je crois qu'il n'a jamais compris ce qu'il se passait car dans sa tête, et en considérant que j'aurais pu sortir par la porte du dortoir le plus souvent fermée à clé, il m'aurait bien fallu, même si j'avais été champion olympique, 10 fois plus de temps, ne serait ce que pour descendre les escaliers, arpenter les interminables couloirs, passer la conciergerie puis sortir dans la rue de l'autre côté sous les fenêtres de notre dortoir. J'ai souvent repensé à notre ami Kiri, qui je crois n'est pas resté très longtemps pion à Sorèze, et que cette histoire a peut-être rendu fou, qui sait !
    Frédéric Feldmann (69-72)


    Visiteurs illustres

    J'étais donc en 1ère lors de la venue de François Mauriac.
    Pour nous à l'époque : un Dieu!
    Son non discours car ce n'en fut pas un, fut passionnant d' humanité et d'humour, ce fut surtout une réponse au discours d'accueil dit par notre très cher camarade disparu Dominique Mugnier, discours élaboré et transcrit par le Père Dastarac. Il ne manquait évidemment aucun oubli d'aucun des thèmes développés par Mauriac dans l'ensemble de son oeuvre et avec le style flamboyant de Dastarac, c'était un monument à la gloire de Mauriac et un aperçu des réflexions philosophiques que tout un chacun est censé avoir à l'étude de cette oeuvre.
    Parfait.
    Mais le père Mauriac n'était évidemment pas dupe, et de sa voix sortie d'outre tombe (cancer du larynx dont il décéda), il nous remis très humoristiquement en place en relevant qu'heureusement pour nous il était fort vraissemblable que nous n'avions jamais pu lire toute son oeuvre et nous avait très gentiment remercié et conseillé de surtout lire et étudier d'autres auteurs que lui autrement plus accessibles et instructifs. Et il avait effectivement loué l'esprit sorézien dont il aurait voulu que tous les scolaires français puissent bénéficier.
    Il avait notamment dit : "Tout jeune Français a deux écoles, la sienne et Sorèze".
    Duhamel est passé inaperçu si j'ai bon souvenir (pas sûr mais personne ne se souvient de lui)...

    Bernard Raybaud (53-61)

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