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     Association Sorézienne
    Chez Patrick CHABIN
    622 Rue de la Mairie

    10130 AUXON
    FRANCE

    Souvenirs - Cliquez sur le titre.

    La mémoire est un peu comme une commode à tiroirs.
    http://soreze.online.fr/jeancarrierep.jpg - //images/jeancarrierep.jpg

    Aujourd'hui, je ne sais pourquoi, après bien des années passées, j'ai une pensée pour Monsieur Carrière. Comment peut-on oublier Monsieur Carriere, son bureau en face de la grande salle de permanence, toujours approvisioné en bonbons. Son bureau était, pendant la récréation de 10h, une joyeuse rencontre entre plusieurs élèves de tout âge.

    Monsieur Carrière était la gentillesse faite homme.

    Il donnait des cours de catéchisme aux plus jeunes de l'école. Je me souviens aussi de sa présence au premier rang lors de la messe le dimanche matin.
    Je me souviens également, qu'à la fin de l'année scolaire, dans sa classe de catéchisme chacun avait droit à un cadeau selon ses résultats, il m'avait confié un jour, qu'un tiers de ses revenus était consacré pour les enfants qu'il suivait au cours de l'année scolaire, 1/3 pour ses besoins, 1/3 pour les nécessiteux... Il avait fait don de sa vie à l'éducation des enfants, un homme simple, sincère, humble, à vrai dire je ne lui connais pas de défaut, et je n'ai à bien y réfléchir, jamais rencontré d'équivalent depuis.

    Et pourtant on ne sait rien de lui, et sur Google, aucune information le concernant, et je ne crois pas avoir vu une plaque commémorative dans les rues de Sorèze.

    Je crois que Jean Carriere était d'origine Belge, je crois me souvenir qu'il avait été religieux dans sa jeunesse.

    Je sais qu'il écrivait beaucoup. Que sont devenus toutes ces archives ? Je ne sais pas.

    Avez-vous, anciens soréziens des témoignages le concernant ?
    Aujourd'hui, je voulais simplement lui rendre hommage.
    Le connaissant, il n'aurait pas voulu, mais dans le fond il le mérite bien.

    Ne l'oublions pas, et n'oublions pas sa gentillesse.
    D'où il est, je suis sûr qu'il veille sur nous.
    Paix à votre âme Monsieur Carriere et merci pour tout.
    Monsieur Carrière est décédé le 13 septembre 1996.
    (Photo des Verts 1960-1961)


    Dans les années 1946 / 1949, vivait au Collège de Sorèze, un personnage dont je garde le souvenir un demi-siècle plus tard.

    Il se nommait RALPH CARCEL, dirigeait la chorale, tenait l'harmonium de la chapelle et s'occupait de toute la partie musicale de la communauté y compris les orgues de l'église paroissiale.
    Il portait une grande cape noire et un feutre style Aristide BRUANT.
    Je pense qu'il avait trouvé dans l'école un havre de paix après de nombreuses années tourmentées au coeur du show-bizz des années 30; RALPH CARCEL avait été le compositeur, accompagnateur et ........ de la grande chanteuse réaliste MARIE DUBAS.
    Cette dernière a créé avec R.C. des chansons inoubliables, reprises depuis par plusieurs grands noms de la chanson Française : Edith PIAF,MOULOUDJI et MONTAND. Il existe plusieurs sites internet sur Marie DUBAS.
    Passons, passons puisque tout passe Je me retournerai souvent les souvenirs sont cors de chasse Dont meurt le bruit parmi les vents.
    Guillaume APPOLINAIRE Bernard-Pierre Lebrun (1946-1949)

    De son côté, René Ramond (1943-1947) nous raconte :

    J'avais quitté l'École de Sorèze à la fin de l'année scolaire 1947. Entré en octobre de la même année au collège technique de la région parisienne et souffrant du mal du pays, j'étais venu passer les vacances de Noël à Sorèze où mon frère Pierre était toujours externe.

    A mon arrivée, mon frère, qui comme moi jouait de la clarinette, me dit : "Nous avons cette année un professeur de musique formidable. Très éclectique et pianiste extraordinaire, il nous fait jouer des partitions qui vont de Mozart à Duke Ellington. Tu pourras d'ailleurs le voir à l'occasion de la représentation théâtrale traditionnelle de Noël au théâtre de l'École. (Ce beau théâtre existait encore).

    En effet les vacances du collège étant décalées d'une semaine par rapport à la Région Parisienne, outre les petites pièces jouées par les différentes divisions, je vis juste avant l'entracte mon frère avec ses camarades de l'harmonie monter sur la scène et interpréter, dirigés et accompagnés au piano par leur professeur de musique, qui n'était autre que Ralph CARCEL, un arrangement du concerto pour clarinette de MOZART. Qui plus est, c'était mon rival de l'année passée, GUIRAUD, qui était soliste. C'est de ce jour que j'ai commencé à comprendre que c'était bien le paradis que j'avais perdu en quittant Sorèze...

    Plus tard, dans l'automne 1949, comme j'écoutais vers 12h30 d'une oreille distraite France-Inter, le présentateur nous annonça l'invité du jour, qui n'était autre que Ralph CARCEL. Ralph interpréta au piano, d'une manière éblouissante, quelques airs et expliqua qu'il s'était retiré volontairement du show bizz pour se reposer quelque temps dans une Abbaye-École qui avait nom : Sorèze et qu'il avait eu le bonheur d'enseigner à des jeunes gens enthousiastes...


    Vous souvenez-vous de la cahute du Major ?

    Elle était située entre le premier pilier de la cour des Rouges et l'escalier montant aux étages. Elle contenait soit disant le bureau du Major, mais dans les années 60 elle a été récupérée pour le stock de boissons du bar. En fait elle contenait aussi d'autres boissons, interdites celles-là (Chartreuse verte, Verveine du Velay, Grand Marnier, Izarra, etc), sans compter le projecteur des diapos des vacances.......


    Dans les années 40, à l'occasion de processions, l'Ecole prétait la fanfare à la ville, ce qui permettait de faire de l'oeil aux beautés locales.


    Toujours dans les années 40, le chauffage était inexistant chez lez Rouges, sauf dans leur étude, où il y avait une chaudière à charbon dans laquelle on mettait des briques à chauffer pour les monter au dortoir.


    Lettre de Jean-Paul BOSSUGE à l'occasion de Pentecôte 98 Jean-Paul BOSSUGE.
    Le 24 mai 1998, 430 Winnetka Ave WINNETKA IL. 60093 USA
    Email : jean-paul.bossuge@diplomatie.fr

    Tres Révérend(s) père(s), chères anciennes, chers anciens,

    J'avoue avoir du mal à utiliser l'adjectif "ancien" au féminin: je n'ai pas connu la relative récente mixité de notre école, les ex-Soréziennes sont encore trop jeunes et trop charmantes pour les appeler ainsi. Et puis, ce ne sont quand même des vieilles dames édentées !

    Je voudrais avant tout féliciter -leur modestie dût-elle en souffrir- les membres du bureau de l'Association Sorézienne pour leur splendide travail. Je ne peux tous les nommer, mais moi qui suis loin, j'ai une pensée spéciale pour Jean-Michel Gorsse et Serge Decourt. Serge, ceux qui ont l'internet peuvent mesurer le travail de bénédictin (ou de dominicain) que tu as effectué depuis plusieurs années pour mettre au point ce site Web, absolument remarquable.

    Jean-Michel, bravo pour ton formidable travail de communication. Les gars, vous méritez, comme on dit ici: UNE STANDING OVATION !
     
    Vous ne pouvez pas savoir combien je regrette de ne pas avoir pu me libérer pour être parmi vous. Je retourne naturellement de temps en temps à Sorèze, mais je vois toujours le collège vide, si les lézardes me désolent, les échafaudages me mettent du baume au coeur. Mais le parcourir avec vous tous, c'est quant- même autre chose. Je suis resté très attaché à notre école et aussi au village que ma mère et moi avons habité depuis 1956. Ma mère a longtemps été désespérée au sujet de mes études. Apres avoir été pensionnaire à Mauléon, en 11ème et ensuite être passé entre les mains décharnées d'une préceptrice rabique, elle avait cru bien faire en me mettant au petit séminaire de Barral à Castres. Je m'en suis échappé peu de mois après et le directeur m'avait retrouvé errant sur la route de Soual et reconduit chez moi dans sa 11 CV Citroen. " Madame, votre fils n'est pas fait pour notre séminaire ". Ca non! Et puis miracle, un article dans Paris Match, des photos en couleur du parc, des chevaux, du bassin de natation, du père Connault devant la statue de Louis XVI, de la cour des rouges. La révélation! " voilà ce qu'il faut à Jean-Paul ".

    Mes débuts ont été tonitruants puisque j'ai redoublé d'entrée la 7ème et la 6ème. A partir de la 5ème, ça allait beaucoup mieux, alternant, selon mes résultats scolaires, le pensionnat, la demi-pension et l'externat. J'ai connu un renvoi temporaire, pour avoir joué à la bataille navale en étude: c'est au moment où je coulais un porte-avions que j'ai été pris au collet. J'ai aussi l'honneur de faire partie de ceux qui ont connu le séquestre aux murs constellés de graffiti plus ou moins philosophiques, de plusieurs générations d'anciens. Le motif de mon incarcération ? Le père Montserret ne doit pas s'en souvenir: j'avais: dixit M. Pingault a " amené des filles en pantalons, un soir sous les fenêtres d'une classe des bleus ". Ensuite, quelques tableaux d'honneur, quelques bulletins de notes détournés dont ma mère n'a jamais pris connaissance, jusqu'à la seconde qu'on m'a fait redoubler pour des raisons que j'estime disciplinaires.

    Au cours de cette deuxième année de seconde, j'ai usé mes fonds de culotte avec des joyeux lurons comme Bernard Murat, qui m'a initié au rugby. Murat, était le plus doué d'entre nous puisqu'il jouait en junior au Castres Olympique. Il se distinguait aussi pour la tchache, ce qui l'a aidé à devenir député-maire (jusqu'à la dissolution de l'Assemblée). Murat faisait le mur régulièrement, pour voir une copine à Castres. Il a bien fait d'ailleurs, mon père, car il l'a épousée et ils sont toujours mariés.

    Bref, ces redoublements m'ont permis de rester (comme Nicolas Gorodetski) 11 ans dans ces murs. On avait fini par m'inscrire à l'inventaire du mobilier comme objet sans grande valeur, mais à conserver tout de même. Toutes ces années m'ont permis de connaître des personnes remarquables et en premier lieu le père Montserret. Ceux qui ont fait un certain pèlerinage a Lourdes se souviennent certainement de son serment formidable . Et nous dans la foule, on disait, pas peu fiers à nos voisins: " c'est notre prieur ". Le père Montserret, à l'Ecole, c'était aussi la discipline assurée.

    Souvenez-vous , quand un camarade entrait précipitamment en salle études, livide et prononçait un seul mot : "TREPS" ! Une seconde de bruissements divers, et on entendait les mouches voler. Père Martin, si vous êtes présent, sachez que je n'oublierai jamais ces séances de luge. Vous étiez le dominicain le plus sportif que j'ai jamais connu et le seul que j'ai jamais vu en maillot de bains (un boxer short noir) nager le crawl avec le style d'Alain Gottvales, le champion de l'époque.
    Chers amis, j'aimerais que vous évoquiez, si possible de manière humoristique nos professeurs et pères disparus. Je suis sûr que de là-haut, ils préféreront ça. Pardon à ceux que j'oublie. Je pense au père Dastarac, le père Milleret (le grand pavois), le père Girard (avec qui tout le monde voulait se confesser....), Fabre d'anglais (ah! les encriers qui volaient et s'écrasaient sur le platane en face de la porte), M. Tribut, ses jeux de mots légendaires et son art de mettre les rieurs de son côté, M. Arnaud et son fameux " j'attaque " en enjambant l'estrade, L'Abbé Butticaz, capable de descendre d'Arfons en 2CV, un bras dans le plâtre, et bien sûr Jacques Fabre de Massaguel, une institution à lui seul.

    Jacques Fabre de Massaguel, qui nous a permis de faire des cartons au bac en histoire-géo et 30 ans plus tard, de débiter encore certains passages de ses cours polycopiés.

    Ils sont bien présents parmi nous, et comme disait Ernest Renand " le tombeau des morts, il est dans le coeur des vivants ".

    Dans un tout autre domaine, j'aimerais aussi que vous demandiez au père Montserret si c'était vrai qu'on nous mettait du bromure dans le vin. Légende ou vérité ? Moi j'y mettais quelque fois du bleu de méthylène pour effrayer quelques bizuths.

    Enfin, je vous demanderais un petit service spécial. Si certains d'entre vous et les pères, pouvaient faire une petite visite a ma mère à la maison de retraite de Ste Croix, cela lui ferait un plaisir immense. L'école a toujours beaucoup compté pour elle. Elle sort d'une longue et délicate hospitalisation, et a besoin d'un fort coup de pouce psychologique . J'y suis allé en avril dernier et compte y revenir à la mi juin, mais ne le lui dites pas...je lui ferai la surprise...

    Puisse notre vieille école revivre bientôt. Puissent les projets aboutir, puissent les murs raisonner encore des cris de générations de potaches. Sursum corda, hauts les coeurs et buvez donc à sa santé que diable! Merci à tous.

    Paul-René BALAYE, sergent-major 1914, fut envoyé avec l'Etat-major en 1914, présenter le drapeau de l'Ecole au Pape Benoit XV.


    A propos de Mr BRUNEL, professeur de maths (souvenir transmis par Jean-Paul Bossuge (56-67)

    Cour des Jaunes 1er trimestre de l'année 1959/60.

    Les potaches s'alignent pour entrer dans une des classes aujourd'hui disparues.
    Derrière eux, deux platanes sur les troncs desquels les encriers explosent au gré des colères épiques de M. Fabre, professeur d'anglais.

    Jacques BRUNEL n'a aucun mal à se faire respecter. Personne n'a réussi à lui trouver un surnom. Ses cours sont vivants et imagés. Pour moi, externe, qui l'aperçois en dehors de l'école, je suis persuadé qu'il a recours aux maths pour jouer au tiercé, à la pétanque ou au flipper.

    A défaut de suivre, les cancres ne s'ennuient pas. Pour motiver ses élèves, il les place dans les gradins en fonction de leur rang de classement après chaque composition : les premiers en bas à droite près de son bureau, les derniers en haut à gauche, du côté de la porte. Le procédé amuse : les bons sont flattés d'être bons, les mauvais, dont je fais partie, de faire rire. Je peux ainsi tout à loisir prendre de haut la science mathématique et sur mes camarades avoir une vue condescendante.

    Ce jour là, M. BRUNEL doit nous remettre des notes pour un devoir qui consistait, entre autres exercices, à trouver le volume et les dimensions d'une pièce.

    La colonne s'ébranle et entre en classe en silence. Notre professeur de mathématiques pénètre péniblement dans la salle, courbé en équerre. Un élève lui demande :

    - M. BRUNEL, vous avez mal au dos, un lumbago?
    Et lui de répondre, toujours plié en deux, le bras tendu à la verticale : - Non non pas du tout, mais d'après les résultats de BOSSUGE, le plafond est à 1m10 de hauteur...

    Je lui avais rappelé cette anecdote quelques vingt ans plus tard. Il ne s'en souvenait pas.

    M. BRUNEL, dans la paix du Seigneur, vous avez de là haut, maintenant, l'éternité pour calculer la vitesse de rotation des planètes...

    ( Mr Brunel est décédé à Sorèze le 7 janvier 2001 )


    Une nouvelle anecdote concernant FABRE DE MASSAGUEL que nous avions surnommé, va savoir pourquoi, MAMY en laissant traîner sur le A; était-ce dû à sa tête sans cesse coiffée du béret et penchée sur l'épaule gauche ou à la lippe qu'il avait tombante?

    J'avoue que nous étions tous deux à couteaux tirés je vous dirai pourquoi après. Donc pour en revenir au tout début un sorézien dont je tairai le nom mais dont la rèputation d'excellent élève quoique d'un esprit très frondeur n'était plus à faire (là je pense que certains le reconnaîtront) n'a pas trouvé mieux que de glisser une diapo olé olé dans le carrousel du projecteur du cours de géo. Alors là imaginez l'explosion de rage de MAMY dont l'autoriré incontestée se trouvait là bafouée (comment?? quelqu'un qui ne tremble pas devant lui???).

    Le cours bien entendu s'en trouva de ce fait écourté instantanément aprés maints postillons qui accablèrent ceux du premier rang!!! Pour ma part Fabre ayant eu le malheur de citer qu'entre l'ESPAGNE et la FRANCE existaient les Pyrénées et "FORT HEUREUSEMENT" precisa t-il, je me levai pour lui demander de bien vouloir me donner le but exact de cette profonde pensée ce qui me valut une exclusion" avec un mot de monsieur......" qui devint à ma demande définitive. Il me faut quand même préciser que c'était les dernières semaines de terminale et que pour moi les dés étaient joués, je le savais bien mais cela me valut je dois le dire une certaine notoriété auprès de mes co-pensionnaires.


    On croit généralement que Jacques Fabre de Massaguel a toujours été sage comme une image, eh bien non. Lorsqu'il était élève, en 1944, il lui est arrivé souvent de jouer à la bataille navale en cours avec André Mathis. Quant aux autres indiscrétions, lire les souvenirs d'André Mathis, disponibles depuis 2006 à la librairie du Village.


    Quelques souvenirs de Georges Michel (49-52)

    Depuis très longtemps je me promettais de venir à la fête de la Pentecôte dans l'espoir, de rencontrer des anciens, mais hélas mon activité sportive (régates) me retenaient toujours et encore maintenant. L'année dernière, après plus de 50 ans, j'ai visité l'Ecole, et la surprise a été totale de voir qu'elle ne l'était plus mais qu'elle portait toujours le nom. La déception a été grande car plus de fête de la Pentecôte, donc plus de réunion.

    L'accueil a était très agréable et c'est sans nostalgie mais avec plaisir, malgré les transformations et la disparition de sa vocation première, que je me suis promené dans les couloirs, et le parc, où les souvenirs des années 49-52 sont nombreux, bons, amusants, mais certains confus.
    Ma femme fut étonnée d'apprendre ce jour là que l'on n'avait pas de dortoir mais des cellules individuelles de 2 x 1,50 m fermées par un système de verrouillage très sophistiqué, pour des enfants de 10 à 12 ans.

    L'ouverture des ces portes était commandée par un levier encastré dans un petit placard, en principe fermé, juste à côté de la chambre du surveillant. Le soir celui-ci devait lui-même fermer les portes des cellules, mais parfois on la fermait nous même, aussi, de cette façon on glissait un chiffon ou même une cravate, entre la gâche et le pêne pour l'ouvrir sans bruit, afin de tirer sur le levier et ouvrir toutes les portes en même temps. C'est ainsi que les chahuts nocturnes se faisaient, au grand dam de ceux dont le bruit de l'ouverture des portes n'avait pas réveillé. Voilà pour une petite anecdote.

    J'en glisserai une autre :

    Dans la cours des verts ou des jaunes, je ne souviens plus, il y avait sous le préau à gauche en entrant, une pièce obscure en contrebas avec un éclairage central où l'on rangeait dans des casiers nominatifs, nos chaussures cirées. Là nous avions mis, avec deux autres comparses, entre la douille et l'ampoule, une pièce de 5 francs, c'était juste la taille, pour provoquer un court-circuit et mettre les classes, les WC et la salle d'étude dans le noir. Le responsable du dépannage, je pense que c'était le concierge, a mit du temps pour trouver la cause. Cela a fait du bruit, et de plus, les coupables n'ont pas été trouvé. Je m'en confesse, mais j'en souris encore.

    Dans la rubrique CHAHUTS au sujet de la vache en haut des escaliers, au début des années 50, j'y étais, et nous les petits on se demandaient comment ils avaient fait pour monter cette vache au 1er étage, ça nous paraissait impossible !!!!

    En regardant attentivement les photos des années 1950-1957 je me suis reconnu sur la photo du défilé de la Sainte Cécile 1951, au milieu de la 4ème rangée, par contre je suis incapable de mettre un mon, sur certains visages pourtant connus, de mes voisins immédiats, sauf sur les deux frères Lachaux C'est avec tristesse que je constate dans l'annuaire des anciens, avec les noms qui me reviennent en tête, qu'ils ont pour la plupart, un "astérisque violet ", ou restent introuvables avec les adresses indiquées.


    La révolution chez les Rouges en 1944.

    A la suite d'un renvoi, en février 44, les Rouges se sont insurgés, sont tous sortis dans le village, ont sonné au clocher, se sont promenés sous les murs de l'école, ont crié "Le Prieur au poteau". Moyennant quoi, TOUTE la division des Rouges s'est vue virée, à l'exception de 8 personnes, dont deux malades et un absent. Même le porte-drapeau et le maitre des cérémonies ont été renvoyés. Le palmarès des rouges de 1944, se réduit à une seule personne : le sergent-major, Jean Marin.


    Et puis ....

    Les cours de physique avec Bibase, dont l'allumage du bec Bunsen durait 5 minutes et risquait à chaque fois de foutre le feu à la baraque bi-centenaire. Et dont les expériences sur le mercure se terminaient inmanquablement par une classe à genoux en train de faire semblant de ramasser les minuscules billes de mercure sur le sol, sciemment versées sur le dit sol par vingt mains volontairement devenues tremblantes.

    Les cours d'allemand de Fasse qui étaient essentiellement des cours de musique.
    Les notes de latin délivrées par l'Abbé Butticaz, pouvant osciller entre -30 et + 10 / 20 et qui trouvait à chaque mot une racine indo-européenne.

    Il s'agit de la punition quelque peu sadique que m'a infligé le TREPS à la Pentecôte 60.

    J'avais fait une connerie, je crois que c'est d'avoir été surpris dans les greniers de l'école, ce qui était formellement interdit. Je n'étais pas seul, mais je suis le seul à avoir été pincé.

    Mes parents avaient fait 600 km pour passer le week-end (à Saint-Ferréol) avec moi et mon frère. Le TREPS m'a privé de sortie. Assez révolté, j'ai imaginé de faire intervenir les invités officiels : Gabriel d'Arboussier, ancien élève, devenu ministre de la Justice de la jeune république du Sénégal, et pour faire bonne mesure le Garde des Sceaux français, Edmond Michelet, et leur collègue ivoirien, Alphonse Boni (à la fanfare, nous avions répété "l'Abidjanaise" composée par... Gilbert Bécaud).

    J'ai donc guetté pendant des heures le moment où je pourrais leur tomber dessus sans être inquiété. Et c'est finalement arrivé, dans le parc. Je leur ai raconté l'histoire, ils ont noté mon nom, et sont allés voir le TREPS. Se faire lever une punition par trois ministres de la Justice, c'est rare !

    Montserret, assez hilare, m'a appelé en présence de mes parents, et m'a dit : "Je te laisse seul juge, c'est à toi de décider si tu mérites la punition ou non". Par fierté (quel con j'étais...), j'ai dit oui.

    La punition a consisté, outre la privation de sortie, à aller astiquer le cercueil du Père Lacordaire, dans la crypte de la chapelle. Les soeurs m'ont fourni un bidon d'encaustique et un chiffon, et je suis descendu dans la petite crypte. Je n'étais pas très fier (j'avais 14 ans), quand j'ai vu sa tête momifiée comme celle de Ramsès II, sous la petite vitrine. Je lui ai parlé : "T'inquiète pas, c'est moi, Houbart, j'ai fait une connerie, etc...". Il ne m'a jamais répondu. Mais je me souviens de notre tête à tête comme si c'était hier.

    Philippe Houbart

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