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     Association Sorézienne
    Chez Patrick CHABIN
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    FRANCE

    Le R.P. Louis-Emmanuel BARRAL DE BARET (1849-1853) + 1897

    Louis-Emmanuel BarraI de Barret naquit à Florensac (Hérault) le 1er novembre 1837, d'une famille des plus honorables et des plus estimées dans le pays à cause de ses bienfaits.

    D'une nature vive et facilement espiègle, il montra de bonne heure un attrait sérieux pour les pratiques religieuses. Après avoir commencé ses études au pensionnat des Frères à Béziers, où il fit sa première communion, il fut envoyé à Sorèze.
    Dès son entrée à l'École, s'il ne fut pas l'élève le plus brillant dans ses études, il conquit sur ses condisciples une grande autorité morale par la fermeté et la noblesse de son caractère. Cet ascendant ne fit que s'accroître, lorsque le Père Lacordaire eut pris la direction de la vieille École bénédictine. Les anciens condisciples de Barral dirent qu'il fut, parmi eux, l'âme de la résistance énergique contre un groupe de jeunes esprits forts dont ils triomphèrent, grâce à sa vaillante ardeur, dans une longue lutte souvent invisible à l'oeil des maîtres, mais où la foi des enfants était en danger.
    Le connaisseur d'âmes qu'était Lacordaire remarqua bien vite le doux et franc regard de ce jeune homme qui s'attachait à sa personne avec une admiration passionnée. L'ayant étudié de près, il lui donna toute sa confiance en le nommant sergent-major de l'École et président de l'Institut qu'il venait d'organiser comme une section d'élite, destinée à promouvoir le travail et la vertu par l'encouragement de l'exemple, si efficace quand il s'exerce entre camarades.
    Le P. Lacordaire ne se contenta pas de distinguer son élève par ces marques d'estime et de confiance; il en fit, malgré les distances, son ami de prédilection, l'Emmanuel auquel il adressait les Lettres à un jeune homme sur la vie chrétienne, où il l'appelait: « L'honneur de l'École de Sorèze ».
    A ce moment, BarraI venait de quitter le Collège pour suivre les cours de l'École d'agriculture de Grignon dont il obtint, à sa sortie, le diplôme officiel. Mais l'empreinte faite sur l'âme du jeune homme par le grand religieux avait été si profonde qu'il se sentait étranger à toute ambition humaine et ne pouvait se donner qu'à Dieu seul. Ce fut au lit de mort du P. Lacordaire, dont il était venu recevoir le suprême adieu, qu'Emmanuel sentit se confirmer irrévocablement l'appel de Dieu.
    Après quelques délais accordés aux désirs de sa famille, il se rendait au couvent de Chalais et y commençait son noviciat sous la direction d'un de ses aînés soréziens. Après avoir prononcé ses voeux, le P. Barral fut envoyé à Arcueil, auprès du P. Cartier, pour l'aider dans la fondation de l'École Albert-le-Grand. Là, comme économe d'abord, et plus tard comme censeur, le jeune religieux, associé aux vicissitudes de l'oeuvre naissante, s'applique à mettre en pratique les enseignements de son illustre maître et à reproduire les exemples de son dévouement à la jeunesse. Après les premiers désastres de la guerre de 1870, le P. BarraI demanda et obtint un poste d'aumônier militaire.
    Attaché, avec le P. Baudrand, à la neuvième ambulance de la Presse, il se dépensa sans compter pour exhorter les mourants, secourir les blessés et distribuer à tous les consolations religieuses el les soulagements qu'il était possible de se procurer. Au retour de la campagne, il prenait un peu de repos à Coublevie où il apprit la captivité et la mort de ses frères d'Arcueil dont il envia le glorieux sacrifice. Il vint reprendre sa tâche avec une ardeur que ces événements avaient attristée sans l'amoindrir. Par son dévouement toujours modeste et désintéressé, il prit une part bien efficace dans le relèvement et l'extension de cette École, où il s'efforçait de susciter les entraînements généreux et les nobles efforts qui avaient enthousiasmé ses jeunes années soréziennes.
    Pendant trente ans consécutifs, le P. BarraI fut à Arcueil l'homme de tous les dévouements et de toutes les situations, toujours disposé à remplir les fonctions les plus difficiles, à rendre les services les plus ingrats dans les postes les plus humbles, comme les plus élevés. Surveillant de discipline, professeur, censeur, sous-prieur et prieur, pendant ces trente années, il a été le confident, le serviteur, le père et l'ami de tous ceux qui, à un titre quelconque, réclamaient de lui un secours ou un conseil.
    Ainsi s'expliquent l'émotion et les regrets que suscita son départ d'Arcueil, lorsque, en 1893, ses supérieurs le désignèrent pour remplir à Coublevie l'importante charge de maître des novices. Il lui en coûta de quitter Arcueil, théâtre de labeurs de sa jeunesse et de sa maturité, et de s'éloigner de la tombe de ses frères. Ce fut un douloureux détachement qu'il accomplit sans faiblesse pour le bon Dieu.
    Il apportait à sa nouvelle tâche la générosité et le dévouement qui, depuis le début de sa carrière religieuse, n'avaient fait que grandir en lui. Mais ses forces, qu'il n'avait jamais ménagées, devaient le trahir brusquement. Saisi, au mois de novembre 1896, par une première attaque de paralysie, il put d'abord se remettre assez pour être lransporté dans sa famille dont les soins affectueux semblaient devoir lui procurer un rétablissement plus prompt et plus complet. Au mois de mai suivant, le désir de se rapprocher d'Arcueil et de se trouver dans une atmosphère plus conforme à sa vocation lui fit entreprendre un long voyage dans l'espoir d'achever sa convalescence, chez les Dominicaines de Châtillon dont il avait été le directeur spirituel pendant plusieurs années. C'est là qu'une nouvelle attaque le mit bientôt à toute extrémité, sans lui enlever la lucidité de son esprit ni l'attachement passionné aux intérêts des âmes et à l'oeuvre de sa Congrégation. Il en donnait, la veille de sa mort, une suprême et émouvante manifestation en confirmant par sa déposition orale, devant les promoteurs de la cause des martyrs d'Arcueil, le témoignage déjà exprimé dans un mémoire auquel il avait consacré ses derniers efforts. Par cet acte de piété filiale et religieuse se consomme et se résume la vie de ce noble fils du P. Lacordaire et de Sorèze. Après avoir été vraiment l'honneur de Son École, Emmanuel Barral laisse à ses camarades et à ses successeurs un digne exemplaire de l'éducation qu'il avait reçue et dont il a transmis fidèlement le flambeau.

    Le Père Barral est mort le 2 juin 1897 à Chatillon, et a été inhumé à Arcueil.

    Son buste, en terre cuite, date de 1885.

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