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     Association Sorézienne
    Chez Patrick CHABIN
    622 Rue de la Mairie

    10130 AUXON
    FRANCE

    Marie Dominique Edouard LAPERRINE D'HAUTPOUL 1854-1859) + 1884

    Né à Carcassonne le 29 octobre 1846.

    Il passa cinq ans à Sorèze (1854 à 1859), s'engagea dans les dragons en 1863, sortit de Saumur avec le n° 1, y demeura comme sous-maître de manège, car il était cavalier accompli, admiré souvent par Napoléon III, et fut envoyé à Saint-Cyr. Sous-lieutenant en 1870 au 9ème cuirassier, il inaugura sa rude vie de guerre d'abord dans l'armée de la Loire, puis dans l'armée de l'Est, et son régiment fut de ceux qui réussirent à rentrer à Lyon en traversant le Jura et à éviter ainsi l'internement en Suisse. Mais c'est en Algérie, où il fut dirigé en 1879 avec le grade de capitaine au 1er chasseurs d'Afrique, après un nouveau passage à Saumur et à Saint-Cyr, qu'il déploya les qualités d'ardeur et de commandement qui attirèrent l'attention sur lui. Il commanda les nouvelles prouesses légendaires de ses vaillants cavaliers dans l'expédition de Nizab, puis dans celle de Tunisie, pendant laquelle, épuisé de fatigue et malade même, il ne cessa de marcher et étonna, par son énergie, le général Saussier.
    Grand et bel officier à tournure élégante et à fine moustache blonde, doué d'un sang-froid remarquable et connaissant à fond son métier, au courant des questions militaires, soigneux des détails, suffisamment entraîné d'ailleurs, il se trouva à la hauteur de la mission qui lui fut donnée au Tonkin, où il débarqua le 3 février 1884. Il y commanda le détachement de volontaires envoyés par son régiment. Il montra les plus solides qualités militaires dans les combats journaliers de la colonne Duchesne sur Lang-Son. Au combat de la clairière du Bac-Lé, chargé de couvrir une faible troupe d'infanterie en retraite et vigoureusement poursuivie par de nombreux ennemis, il se dévoua pour sauver la colonne principale d'un désastre imminent. Il eut trois chevaux tués sous lui. Sous le feu des Chinois, il fait relever les blessés par des coolies; mais une nouvelle salve tirée à portée de pistolet effraye si fort les porteurs qu'ils fuient éperdus. Le capitaine Laperrine se tourne vers ses soldats : " Camarades, leur crie-t-il, les chasseurs d'Afrique ont toujours sauvé les blessés. Pied à terre ! ". En un clin d'oeil, les cavaliers sautent à bas de leur monture et y chargent les blessés, tandis que les Chinois, furieux de voir la proie échapper à leur cruauté, redoublent leur feu. Dans la suite de la campagne, les chasseurs d'Afrique du capitaine Laperrine se multipliaient avec une telle activité, souvent courant les routes quand tous dormaient au campement, que les officiers leur disaient en les voyant rentrer au petit jour: " On ne voit que vous; vous êtes donc un régiment ici ? ".
    La conduite du capitaine lui valut la croix de la Légion d'honneur, le 23 mai 1884 une citation dans le rapport du général en chef et l'inscription d'office, par ordre du ministre, sur le tableau d'avancement au choix. Mais tant de fatigues et de privations avaient prématurément usé sa vie: si son âme restait de fer, ses forces s'affaiblissaient de jour en jour; il dut quitter son cher détachement du Tonkin pour aller les rétablir dans un climat meilleur. Il vint rejoindre à Paris sa jeune femme qui, si elle l'avait suivi jusqu'à Laghouat, n'avait pu le suivre sur les rives du fleuve Rouge; et c'est entre sa mère et elle que la mort, bravée si souvent sur les champs de bataille, vint le saisir, mais non le surprendre, le 27 décembre de l'année 1884, si brillamment commencée. Sans peur et sans reproche, il la vit venir avec la résignation et les espérances d'un chrétien fidèle à Dieu comme au patriotique devoir.

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